C’est la rentrée 

À découvrir, à explorer, une autre rentrée : rentrer sans se perdre.

C’est un discours  de nanti qui va suivre. Car c’est une grande richesse de pouvoir partir en vacances, à l’autre bout du monde ou dans la campagne voisine, de pouvoir laisser de côté le quotidien, répétitif, ennuyeux peut être, laborieux, exigeant même s’il est passionné… quitter le travail, la maison, les habitudes… Alors si nous sommes partis en vacances, considérons d’abord notre chance.

Et après les vacances, c’est la rentrée ! Rentrée qui souvent est associée à la fin de l’été !

Adieu les shorts ou les robes légères qui caressent le corps et laissent circuler l’air, adieu les grands pulls confortables, les pantalons larges des randonnées. Il s’agit de reprendre les cravates, les ceintures, de retourner dans les costumes, les jeans, les robes, les soutiens-gorge peut-être, tous ces vêtements si près du corps – et en rentrant le ventre si on a abusé des apéros d’été –  Adieu les tongs et autres nus pieds qui laissent s’étaler les orteils, adieu les chaussures de marche confortables et le plaisir de fouler la terre, herbe ou sable, cailloux ou rivières. Tirons des placards les éternels baskets mi sport/ mi élégance, les escarpins et les bottines.

Il est l’heure de perdre cette facilité quotidienne du corps dans les eaux, les montagnes et les campagnes… avec les nuits sans sonnerie au réveil, les siestes, le nez au vent, la lenteur retrouvée, la paresse et  le Rien Faire… Le corps revient dans ses prisons, des vêtements aux horaires, des rythmes aux transports…. Entrer dans cet « après vacances » ne nous enchante pas… Sans compter les effluves de rentrée scolaire, nostalgiques ou angoissées, qui assombrissent souvent le tableau.

Nous retrouvons pourtant notre costume d’habitudes, dans une sorte de tunnel tenu par les lois du travail, de la consommation et de la mondialisation, alors que nous souhaiterions en sortir. Pour certains d’ailleurs les vacances n’ont malheureusement pas changé grand-chose à tout ça : tourisme de masse, programmes chargés, costume de travail échangé avec costume de touriste.

Nous sommes bien sûr décidés à programmer cette aisance disparue pour un prochain we … un après-midi ici ou là. Mais nous savons qu’elle n’aura pas le gout de celle qu’on perd là ! N’est-ce pas l’été en vacances que nous avons enfin l’occasion de rentrer, rentrer chez nous, dans notre corps, et dans notre liberté de respirer, de vivre, de partager et de contempler ?

Cet « après vacances » est une rentrée et aussi une sortie, sortie progressive ou brutale d’un contact plus profond et plus doux avec soi-même, contact justement nourri de temps, de lenteur, d’espace, de nature.  Nous rêvons de garder toujours ce simple plaisir d’être vivant. Difficile quand le travail a plus de valeur que l’amour et la solidarité. Quand l’argent, le souci, et la consommation nous interppellent sans cesse.  Alors les rêves de l’enfant que nous fumes, que nous sommes, les désirs de l’amoureux de la vie, les aspirations de notre être profond peuvent être en grande partie remisés … Jusqu’aux prochaines vacances ?

Surtout que les bonnes résolutions en profitent pour montrer leur nez ou tenter de prendre le contrôle de la situation. Car les injonctions personnelles « en septembre il faut que je me remette au sport, à la méditation, à l’écriture de mon livre » etc… créent souvent plus de tension qu’autre chose et risquent (heureusement d’une certaine façon) de s’effondrer rapidement. Des choix plus doux ou plus radicaux sont peut-être à faire et s’ils ne reposent pas sur l’amour, de soi, de la vie, ils seront souvent vains. Un choix de la volonté est vite attaqué par les voix en nous qui implorent « juste » de la tendresse, de la validation, … Un choix depuis l’amour est tellement plus sûr !

Oui mais l’amour c’est pas si facile, surtout l’amour de soi…. A découvrir, à explorer, une rentrée en douceur pour soi-même ! Quitte à risquer de grandes remises en question de nos modes de vie !

#rentrée #vivant #amourdesoi #liberté #amoureux

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