Cette période de l’année reste un des seuls moments de l’année où culturellement nous sommes devant un rite de passage si nous voulons bien le vivre ainsi.

Chaque passage est une étape de transformation et se structure de façon identique : la perte ou séparation, l’entre – deux et la plongée dans l’inconnu.

Pour  le passage d’une année à l’autre c’est pareil. L’année qui vient de s’écouler se termine. C’est la fin, qu’elle nous ait été plutôt douce, belle, ou laborieuse, douloureuse, elle est finie, à jamais.

L’entre-deux peut paraitre inexistant puisque c’est à minuit qu’on change d’année et voilà ! Mais nous savons qu’il y a au moins ce 31 décembre, ce fameux réveillon qui crée des réactions multiples, du refus à l’obsession.  On peut le concevoir et prévoir plutôt intériorisé, sacralisé, ou festif. Souvent, c’est  l’ensemble des « fêtes » qui sert de porte, avec les vacances pour certains. Un véritable entre-deux alors qui pourrait permettre de se poser, de reconnaitre et remercier l’année qui s’en va, ses 365 jours, ses rencontres, ses séparations, ses douleurs et ses bonheurs…

C’est la conscience de ce qui s’est vécu et appris, c’est la possibilité de tourner la page, qui vont nous permettre d’entrer plus neufs dans l’année qui vient.

Le temps d’attention au vivant passé va permettre l’ouverture à l’inconnu d’un présent inédit. Même si nos agendas sont déjà remplis, même si rien de bien nouveau ne se profile à l’horizon, nous ne savons rien de demain, de l’instant qui s’approche, comme chaque moment de vie nous le propose d’ailleurs…

Nous avons soif d’apprendre à vivre l’instant depuis une nudité renouvelée.

Et nous avons là, dans ce passage, une « sacrée » occasion d’apprendre et de célébrer. Les occasions sont précieuses, nous sommes si petits, si maladroits encore !

Que nous choisissions de rester seul pour « passer », de participer à une grande fête, alcoolisée ou pas, de conscientiser ce passage avec quelques amis ou en famille, de vivre un rituel organisé dans cette intention, nous participons tous à un grand rite de passage. Certes il a été commercialisé comme ils le sont pratiquement tous aujourd’hui. Mais il nous appartient d’en faire une occasion de conscience et d’en reconnaitre les aspects psychologiques, sociaux et spirituels comme dans tous les rites traditionnels.

Et n’est-ce pas les seuls jours de l’année où nous « bénissons » (souhaiter du bien, du bon) presque tous les gens que nous croisons ?

Puissions-nous dire avec cœur : « Bonne année !»… pour notre bien-Etre, le bien-Etre de tout et de tous.

Et que la lumière éclaire votre saut dans l’inconnu !