Chacun de nous recherche l’ivresse, qui des randonnées en montagne, qui de l’apéro du soir, qui d‘un tour en moto ou à vélo, du partage entre amis, de la fusion sexuelle, de la danse, la musique, les rituels…

L’étourdissement, l’ivresse, l’extase, la transe, toutes ces expériences où l’état de conscience se modifie peu ou prou, peuvent et méritent d’être étudiées de près.  Et si nous commencions chacun à regarder vraiment notre besoin et notre gestion de l’ivresse qu’elle qu’elle soit. Certainement se cache là d’abord un besoin de détente, d’ouverture, du corps, du cœur : respirer plus large, percevoir plus grand, rencontrer de l’« autre », s’évader de nos prisons… Apparait souvent la nécessité de laisser s’exprimer ce qui attend ou appelle dans l’ombre. Et il arrive que nous lâchions pour un moment ce qui en nous est fini, séparé…  Car au fond, se révèle notre désir d’ivresse, un infini désir, un désir d’infini, pour plus de vie, de liberté, d’amour et de conscience.

Cette recherche d’ivresse plus ou moins consciente peut nous emporter trop loin et nous éviter la vie d’ici, avec ceux qui sont là. Elle peut nous perdre et même nous détruire. Cette quête peut aussi nous amener par grâce là où i n’y a plus rien à chercher…

Pour l’instant regardons simplement, honnêtement, notre relation à l’ivresse…

2 réponses

  1. Votre article m’évoque ce poème de Bodelaire

    ENIVREZ-VOUS

    Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

    Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

    Charles Baudelaire

    1. Merci Cyril
      en effet j’aime ce poème et il résonne avec le texte!
      Bel été et belles ivresses fertiles!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.